mardi 3 novembre 2015

Rose de novembre.

 

 

Image du Blog quinousse.centerblog.net

 

 

La Rose de Novembre .

 

Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,

Quand elle sait déjà que ses jours sont comptés,

Et que près de sa fin, généreuse,elle donne

Encore plus de parfum qu'aux beaux jours de l'été.

 

 

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Dans le brouillard léger d'une aube de novembre

Alors que les oiseaux ne savent plus chanter,

Elle va défroisser sa robe d'or et d'ambre

Pour s'offrir aux regards dans toute sa beauté.

 

 

Image du Blog pounette11.centerblog.net

 

Mais un souffle de vent la blesse, la défeuille.

Sitôt qu'il a séché ses larmes de rosée,

Elle cache ses joues dans son écrin de feuilles

Pour vivre encore un peu, encore une journée.

Ô toi qui ne sais pas combien est éphémère.

 

 

 

Image du Blog pounette11.centerblog.net

La rose qui s'endort et va vers son trépas,

Si tu passes près d'elle au jardin de ta mère,

Je t'en supplie, enfant, non, ne la cueille pas.

 

belle image

 

Laisse la retenir la vie qui l'abandonne,

Suivre des vols d'oiseaux glissant dans le ciel clair.

Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,

Qui se meurt doucement, aux premiers jours d'hiver.

Renée Jeanne Mignard.

 

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Bonne journée a vous toutes .

Merci pour les coms.

Bises.

Flore.

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dimanche 1 novembre 2015

Feuilles d'automne.

 

 

 

 

Les feuilles d'automne ...

Quand le livre où s'endort chaque soir ma pensée,

Quand l'air de la maison, les soucis du foyer,

Quand le bourdonnement de la ville insensée

Où toujours on entend quelque chose crier,

 

 

 

Quand tous ces mille soins de misère ou de fête

Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,

Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,

Le regard de mon âme à la terre tourné ;

 

 

 

Elle s'échappe enfin, va, marche, et dans la plaine

Prend le même sentier qu'elle prendra demain,

Qui l'égare au hasard et toujours la ramène,

Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.

 

 

 

Elle court aux forêts où dans l'ombre indécise

Flottent tant de rayons, de murmures, de voix.

 

 

Trouve la rêverie au premier arbre assise,

Et toutes deux s'en vont ensemble dans les bois !

 

 

Victor Hugo.

 

 

Aprés une  petite pause obligée ,

Je reviens tout doucement.

J'espère que vous allez bien .

Je vous souhaite un bon dimanche et une bonne semaine .

Merci de vos gentilles visites .

Bises.

Flore.

 

Posté par Coeurdefleur à 08:30:04 AM - Commentaires [6] - Permalien [#]

lundi 19 octobre 2015

Hymme a la beauté.

 

 

 

 

Hymne à la beauté.

 

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,

Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,

Verse confusément le bienfait et le crime,

Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

 

 

 

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore ;

Tu répands des parfums comme un soir orageux ;

Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore

Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

 

 

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres

Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;

Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,

Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

 

 

 

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;

De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant

Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,

Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

 

 

 

 

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,

Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !

L'amoureux pantelant incliné sur sa belle

A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

 

 

 

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,

Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !

Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte

D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu 

 

 

 

De Satan ou de Dieu, qu'importe ,

Ange ou Sirène,

Qu'importe, si tu rends,  fée aux yeux de velours,

Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine !

L'univers moins hideux et les instants moins lourds .

 

 

Charles Baudelaire.

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Bonne aprés midi et bonne semaine .

Bise.

Flore.

 

 

 

 

 

 

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mercredi 14 octobre 2015

Je t'aime.

Je t'aime .

 

Je t’aime pour toutes les femmes

Que je n’ai pas connues

Je t’aime pour tout le temps.

 

 

Où je n’ai pas vécu

Pour l’odeur du grand large

Et l’odeur du pain chaud.

 

Pour la neige qui fond

Pour les premières fleurs

Pour les animaux purs.

 

 

Que l’homme n’effraie pas

Je t’aime pour aimer

Je t’aime pour toutes les femmes

Que je n’aime pas

Qui me reflète sinon toi-même.

 

 

Je me vois si peu

Sans toi je ne vois rien

Qu’une étendue déserte

Entre autrefois et aujourd’hui

Il y a eu toutes ces morts

Que j’ai franchies.

 

 

Sur de la paille

Je n’ai pas pu percer

Le mur de mon miroir

Il m’a fallu apprendre

Mot par mot la vie

Comme on oublie.

 

 

Je t’aime pour ta sagesse

Qui n’est pas la mienne

Pour la santé je t’aime

Contre tout ce qui n’est qu’illusion

Pour ce cœur immortel.

 

Que je ne détiens pas

Que tu crois être le doute

Et tu n’es que raison

Tu es le grand soleil

Qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi.

 

 

Tu es le grand soleil

Qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi

Quand je suis sûr de moi .

Paul Eluard.

 

 

Bonne journée .

 Bise.

Chaleureuse .

 Flore..

 

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lundi 12 octobre 2015

Bien souvent..

 

 

 

Bien souvent.

je revois sous mes paupières closes,

La nuit, mon vieux.

Moulins bâti de briques roses.

 

 

Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,

Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul.

 

 

 

Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,

Le ciel de mon enfance où volent des colombes,

Les larges tapis d’herbe où l’on m’a promené.

 

 

 

 

Tout petit, la maison riante où je suis né

Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,

Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges.

 

 

 

 

À qui mes souvenirs les plus doux sont liés.

Et son sorbier, son haut salon de peupliers.

 

 

Sa source au flot si froid par la mousse embellie

Où je m’en allais boire avec ma soeur Zélie,

Je les revois ;

je vois les bons vieux vignerons .

Et les abeilles d’or qui volaient sur nos fronts.

 

 

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Le verger plein d’oiseaux, de chansons, de murmures,

Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres.

 

 

 

Et j’entends près de nous monter sur le coteau

Les joyeux aboiements de mon chien Calisto !

 

 

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Théodore de Banville.

 

 

 

 

 

Bonne journée.

Bise.

Flore.

 

 

 

 

 

 

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vendredi 9 octobre 2015

Lautomne salut.

 

 

L’automne Salut !

bois couronnés d’un reste de verdure !

Feuillages jaunissants sur les gazons épars !

 

 

Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature

Convient à la douleur et plaît à mes regards !

 

 

 

Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,

J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,

Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière

Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !

 

 

 

 

Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire

A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,

C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire

Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

 

 

 

 

Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,

Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,

Je me retourne encore, et d’un regard d’envie

Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !

 

 

 

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,

Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;

L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !

Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !

 

 

 

 

Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie

Ce calice mêlé de nectar et de fiel !

Au fond de cette coupe où je buvais la vie

 Peut-être restait-il une goutte de miel .

 

 

 

Peut-être l’avenir me gardait-il encore

Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu

Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore

Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu .

 

 

 

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire

A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux

Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire

S’exhale comme un son triste et mélodieux.

 

Alphonse de Lamartine.

 

 

 

 

 

 

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mercredi 7 octobre 2015

Silence.

 

 

 

 

 Silence.

Le silence descend en nous,

Tes yeux mi-voilés sont plus doux

Laisse mon cœur sur tes genoux.

 

 

 

Sous ta chevelure épandue

De ta robe un peu descendue

Sort une blanche épaule nue.

 

 

 

La parole a des notes d'or ;

Le silence est plus doux encor,

Quand les cœurs sont pleins jusqu'au bord.

Il est des soirs d'amour subtil .

 

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Des soirs où l'âme, semble-t-il,

Ne tient qu'à peine par un fil..

 

 

 

 

Il est des heures d'agonie

Où l'on rêve la mort bénie

Au long d'une étreinte infinie.

 

 

 

La lampe douce se consume ;

L'âme des roses nous parfume.

Le Temps bat sa petite enclume.

 

 

Oh ! s'en aller sans nul retour,

Oh ! s'en aller avant le jour,

Les mains toutes pleines d'amour !

 

 

Oh ! s'en aller sans violence,

S'évanouir sans qu'on y pense

D'une suprême défaillance... Silence !... Silence !... Silence !...

 

Albert Samain.

 

 

 

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mardi 6 octobre 2015

La terre est bleue.

 

 

 

 

La terre est bleue

La terre est bleue comme une orange

Jamais une erreur les mots ne mentent pas.

 

 

Ils ne vous donnent plus à chanter

Au tour des baisers de s’entendre

Les fous et les amours.

 

 

Elle sa bouche d’alliance

Tous les secrets tous les sourires

Et quels vêtements d’indulgence

À la croire toute nue.

 

 

 

Les guêpes fleurissent vert

L’aube se passe autour du cou

Un collier de fenêtres.

 

 

Des ailes couvrent les feuilles

Tu as toutes les joies solaires.

 

 

Tout le soleil sur la terre

Sur les chemins de ta beauté.

Paul Eluard.

 

 

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lundi 5 octobre 2015

Chant d'automne.

 

Chant d’automne.

 

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres

Le bois retentissant sur le pavé des cours.

 

 

Tout l’hiver va rentrer dans mon être .

colère, Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,

Et, comme le soleil dans son enfer polaire,

Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

 

 

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;

L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.

Mon esprit est pareil à la tour qui succombe

Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

 

 

Il me semble, bercé par ce choc monotone,

Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.

Pour qui - C’était hier l’été ; voici l’automne !

Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

 

 

 

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,

Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,

Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,

Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

 

 

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,

Même pour un ingrat, même pour un méchant ;

Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère

D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

 

Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !

Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,

Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,

De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

 

 

Charles Baudelaire.

 

Bonne journée.

 Bonne semaine .

 Bise .

 Flore.

 

 

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samedi 3 octobre 2015

Au nord.

 

 

 

 

Au Nord

Deux vieux marins des mers du Nord

S’en revenaient, un soir d’automne,

De la Sicile et de ses îles souveraines,

Avec un peuple de Sirène.

 

 

 

 

 

A bord.Joyeux d’orgueil, ils regagnaient leur fiord,

Parmi les brumes mensongères,

Joyeux d’orgueil, ils regagnaient le Nord

Sous un vent morne et monotone

Un soir de tristesse et d’automne.

 

 

 

 

 

De la rive, les gens du port

Les regardaient, sans faire un signe :

Aux cordages le long des mâts,

Les Sirènes, couvertes d’or.

 

 

 

 

Tordaient, comme des vignes,

Les lignes Sinueuses de leurs corps.

Et les gens se taisaient, ne sachant pas

Ce qui venait de l’océan, là-bas,

A travers brumes .

 

 

 

Le navire voguait comme un panier d’argent

Rempli de chair, de fruits et d’or bougeant

Qui s’avançait, porté sur des ailes d’écume.

 

 

 

Les Sirènes chantaient

Dans les cordages du navire,

Les bras tendus en lyres,

Les seins levés comme des feux ;

Les Sirènes chantaient

Devant le soir houleux.

 

 

 

Qui fauchait sur la mer les lumières diurnes ;

Les Sirènes chantaient,

Le corps serré autour des mâts.

 

 

 

Mais les hommes du port, frustes et taciturnes,

Ne les entendaient pas

Ils ne reconnurent ni leurs amis

Les deux marins  ni le navire de leur pays.

 

 

 

Ni les focs, ni les voiles

Dont ils avaient cousu la toile ;

Ils ne comprirent rien à ce grand songe

Qui enchantait la mer de ses voyages.

 

 

 

Puisqu’il n’était pas le même mensonge

Qu’on enseignait dans leur village ;

Et le navire auprès du bord

Passa, les alléchant vers sa merveille.

 

 

 Sans que personne, entre les treilles,

Ne recueillît les fruits de chair et l’or.

 

Emile Verhaeren.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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